LES DANSES IMPORTEES DES AMERIQUES

Les danses importées des Amériques sont des danses métissées. Elles sont le produit de la rencontre, sur le sol américain, de 2 cultures :

  • Celle du vieux continent venue à la conquête du nouveau monde et à sa colonisation par les français, anglais, irlandais, allemands, hollandais, espagnols, portugais
  • Celle de l’Afrique lors de la déportation des noirs d’Afrique réduits en esclavage comme main d’œuvre des colons.

 

L’univers des valses, quadrilles, polkas au son des violons a croisé celui des percussions rythmant des danses collectives sacrées. La rumba, le tango, le rock par exemple sont issus de ce métissage.

Les danses cubaines

L’ile de Cuba est un des pays les plus créatifs en matière de musique et de danse.

Au 19ème siècle, deux types de danses s’opposent socialement :

  • La rumba brava ou rumba sauvage des quartiers noirs des grandes villes symbolise la parade nuptiale coq/poule : La femme séduit, aguiche, esquive l’homme. L’homme poursuit la femme pour la conquérir.
  • La contradanza habanera ou la contredanse des salons des colons interprétée par des musiciens esclaves noirs. La danse à figure de groupe laisse la place à la danse de couple enlacée. Cette habanera connaitra un vif succès et s’exportera à Buenos aires et interviendra dans la composition des figures de tango.

Il en découle deux danses plus langoureuses, le danzon et le son qui donnent le danzon –son qui régnera sur cuba de 1860 à 1920.

Une rumba de salon apparait et s’exporte en France en 1920.

En 1947, la rumba intègre les danses sportives.

 

Dans les années 50, la rumba rencontre le jazz et donnera naissance au mambo, version rapide et syncopée de la rumba, et à son petit frère, plus sage : le chachacha qui deviendra danse sportive.


La salsa

Dans les années 70, surgit la salsa (qui signifie la sauce piquante, pimentée). C’est un pur produit composite de tous les rythmes cubains (rumba, mambo, chacha), de tous les autres rythmes des Caraïbes (zouk, biguine, merengue), de tous les rythmes sud americain (samba, cumbia, lamabada). Elle ne naît pas à Cuba mais dans les « barrios latinos » de New-York , vastes quartiers pauvres habités par les exilés des Caraïbes : cubains, porto-ricains, dominicains. L’engouement pour la salsa va donner de nombreuses variantes : la salsa cubaine, la salsa portoricaine (new-yorkaise), la salsa californienne.

En 1990, la salsa a déferlé sur l’Europe, inondant les boites de nuit et toutes les soirées des jeunes. Cette diffusion et cette pratique dansante de la salsa va avoir un impact très important sur la danse à 2.

Le merengué

Danse des Caraîbes, le merengué est reconnu danse nationale de la République Dominicaine en 1930. Elle est le résultat du métissage de 3 cultures. : créole, africaine et européenne. C’est une danse comparable à une marche dont la caractéristique est le mouvement très prononcé des hanches. C’est une danse gaie, facile et entraînante.

 

Ses origines lointaines sont en réalité très controversées …..

Une histoire raconte que cette danse serait issue du mouvement des esclaves noirs dans les champs de canne à sucre, travaillant au rythme des tambours et obligés de trainer la jambe enchainée à celle de leur voisin.

Une autre histoire fait mention d’une fête organisée pour le retour du héros de l’une des nombreuses révolutions ayant eu lieu en République Dominicaine. Celui-ci ayant été blessé à une jambe, les villageois se seraient alors sentis obligés de danser comme lui.

Si les haïtiens, les cubains, les portoricains et les dominicains en réclament la paternité, c’est qu’elle aurait été créée et pratiquée par les pirates des Caraïbes qui voguaient d’île en île.

Joyeux fêtards, ils ne pouvaient guère danser qu’en traînant une jambe vu que souvent elle était en bois.

La bachata

 La bachata est une musique et une danse qui nous vient de République Dominicaine. Au début, dans les années 60, elle fait partie des musiques à écouter. D’origine populaire, elle raconte les conditions de vie difficile des classes sociales défavorisées et les amours déchus des chanteurs romantiques. Elle est jugée vulgaire par les classes dominantes et peu diffusée par la radio. On parle alors des « bachatero » comme de mauvais musiciens.

La fin de la dictature a permis l’ouverture au tourisme et la bachata s’est exportée à travers le monde.

Elle se danse en couple, lentement, sensuellement. Puis avec l’influence du chacha, de la salsa, du merengue, voire du tango, elle devient plus rythmée. Depuis les années 80, c’est l’une des danses les plus appréciées des Caraïbes.

Comme pour la rueda de salsa, il existe la rueda de bachata (danse en couple, sur un cercle avec changement de partenaire).

Aujourd’hui il n’y a pas une soirée latino sans salsa, merengue et bachata.


Les danses Sud-Américaines

La samba

Notre féminine samba s’appelle le samba au Brésil. Le terme de semba signifie le nombril dans la langue « bantoue » (entre l’Angola et le Congo). Il est associé au terme portugais umbigada, une invitation à la danse qui constituait à se frotter le nombril contre nombril.

La samba est née dans les bidonvilles de Rio de Janeiro au début de 20ème siècle. A la fin du 19ème, avec l’abolition de l’esclavage, beaucoup d’anciens esclaves noirs africains, qui travaillaient alors dans les plantations, se sont dirigés vers les cités portuaires. Ils ont amené avec eux leurs danses collectives, et leurs percussions africaines qui côtoieront les musiques indigènes et les musiques de colons européens.

Cette musique et cette « danse de délinquants noirs », surveillée par la police va sortir peu à peu de son ghetto, apparaitre dans les bals populaires, s’exporter en France dans les années 20 pour devenir, dans les années 30, la « musique du Brésil ».

En 1936, l’état autorise le premier défilé des écoles de samba au Carnaval.

Une multiplicité de sambas cohabite au Brésil : notamment la samba de carnaval qui a le caractère d’une marche dans la rue, et les sambas de danse de couple dont l’une d’elles donnera naissance à la samba de compétition.

 

La bossa nova

A la fin des années 50, selon le même processus que la naissance du mambo (mélange rumba/jazz), les compositeurs tenteront de combiner jazz et samba pour créer la bossa nova qui ne connaitra pas le même succès.

 

Le tango

Le tango est né dans les quartiers portuaires et les faubourgs pauvres de Buenos Aires.

Dans la 2ème partie du 19ème siècle, le gouvernement argentin lance une grande campagne d'appel à l'immigration étrangère destinée à « travailler la terre, améliorer l'industrie et développer les sciences et les arts ». C'est à Buenos Aires que débarquent, vague après vague ces émigrés en quête d'une vie meilleure.. C'est là que reviennent les émigrés déçus de ne pas avoir trouvé une place dans les campagnes. C'est là aussi qu'arrivent tous les « Gauchos de la Pampa » ruinés par le modernisme agricole. Tous ces déracinés sont rejetés à la périphérie de Buenos Aires, là où vit la communauté noire. Dans le port transitent également tous les marins, notamment antillais.

Tous les ingrédients sont réunis : la milonga, chanson et danse des campagnes, la habanera cubaine,  les danses de couples des immigrés européens (polka, scottisch, mazurka, valse), les tambours, les percussions, les danses collectives des africains. On parle aussi d'une influence gitane, espagnole avec le tango andalou et le fantango. Le tango débute avec la rencontre de ces différents rythmes.

Le bandonéon, inventé en Allemagne par Heinrich Band, débarque lui aussi à Buenos Aires, peut-être dans les valises d'un émigrant. Avec sa sonorité riche, profonde et souvent déchirante, il va ralentir le rythme du tango et surtout donner au tango « une voix »reconnaissable entre toutes.

Dansé dans les bas-fonds, dans les bordels, le tango reste aux portes des salons de la bonne société.

Il lui faudra venir en Europe et notamment en France où la « tangomania » sévit en 1913, pour retourner en Argentine. Auréolé de son succès, il devient alors la danse nationale en Argentine.

Puis détrôné par le rock et les rythmes latinos, il lui faudra à nouveau revenir en France sous la forme de spectacle (Tango Argentino en 1983, Tango Passion en 1996) pour relancer ce tango argentin, et en France et en Argentine.

Parallèlement à ce tango argentin, naissent en France le tango européen (standardisé pour les compétitions) et le tango des bals populaires : le tango musette